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Principes et  Présentation Les ateliers Les produits Auberge, buffet et gîtes Contacts

 

ESAT: présentation résumée Le Livret d 'accueil FH: présentation résumée SAVS: présentation résumée FAM: présentation résumée Projet ESAT, Foyers et FAM

 

Le Projet d'Etablissement

 

PREAMBULE

SITUATION ADMINISTRATIVE 

SITUATION GEOGRAPHIQUE

LE CENTRE D’AIDE PAR LE TRAVAIL

L'HEBERGEMENT DES TRAVAILLEURS HANDICAPES 

LE FOYER D’ACCUEIL MEDICALISE

LA PLACE DE LA FAMILLE

LA PROCEDURE D’ADMISSION

LES REUNIONS TECHNIQUES

L’ACCES AUX SOINS 

 

 

PREAMBULE :

Les établissements de La Pradelle sont l'aboutissement d'un travail de réflexion et de recherche de l'association Sésame Autisme Languedoc, qui s'interrogea dès sa création, en 1984, sur la situation des autistes devenus adultes. La particularité de cette réflexion est qu'elle a permis l'alliance entre des techniciens expérimentés et des familles désireuses d'offrir une structure humanisée pour l'accueil de leurs enfants.

                    

                     L'association soutient l'idée que les autistes adultes ont droit à l'accès au travail, et que le travail «aidé » est un support essentiel à la construction d'un projet personnel.

 

                     L’expérience partagée depuis une vingtaine d’années  par les techniciens et les cliniciens témoigne de façon quasi unanime qu’il existe vraisemblablement plusieurs formes d’autismes, nous pourrions presque affirmer autant qu’il y a d’autistes. Ce qui fait la complexité et la richesse de ce travail d’accompagnement.

                     Ce premier constat établi, il ne peut être alors question d’une réponse univoque à l’autisme.

                    

                     Quand nous intervenons, en tant qu’établissement pour adultes, le sujet autiste et sa famille ont déjà, depuis 15 à 20 ans, côtoyé de nombreux techniciens. Ce cheminement a été pavé souvent d’espoirs et d’immenses désillusions, ressentis autant par l’intéressé que par sa famille. Cela illustre particulièrement le déroulement parfois chaotique et singulièrement difficile de la prise en charge de l’autisme. Ceci nous invite à la plus grande modestie, à la mesure et ce que nous allons proposer à La Pradelle, c’est une place, une position de sujet car l’autiste a droit à toute notre considération, notre respect, particulièrement dans les instants où pris dans la tourmente de sa souffrance, il occupe alors auprès de nous une place déshumanisée avant tout.

 

                     Cela ne signifie pas pour autant que nous devons tout tolérer, tout accepter. L’expérience nous a appris que la mise en place de règles claires, de référence aux lois communes, c’est à dire opposables à chacun d’entre nous, permet les relations, un échange, un lien social. Ce dont ont besoin les autistes, n’est pas que l’on s’occupe d’eux ou qu’on les plaigne, mais qu’ils puissent vérifier que nous respectons nos engagements, que nous sommes des êtres de parole.

                     Il est donc question quand nous accueillons un sujet autiste qui est candidat à venir à La Pradelle, de lui garantir des conditions d’accès à une place, dans sa nouvelle  communauté de travail, d’habitat.

                     Si cette place est conquise, elle lui permettra dans le futur de faire valoir cette place auprès d’autres, qui sont sa famille, ses voisins, ses partenaires de loisirs, les clients de sa production de travail ou tout simplement ses compagnons d’existence du moment.

 

                     Si nous prenons le postulat que la relation duelle est impossible avec le sujet autiste, si ce n’est peut être dans certaines conditions de travail thérapeutique, il est primordial de mettre en place une médiation, un alphabet commun entre lui et nous.

                     Nous pensons qu’un accueil fondé sur une proposition de travail, si possible salarié, peut servir d’ancrage à un projet d’existence, à soutenir la conquête d’une identité, un lien social possible.

 

                     Le principe du travail ou d’activités liées au travail est un phénomène que réfutent la plupart des techniciens, des familles qui côtoient l’autisme. Beaucoup y voient une impossibilité rédhibitoire pour l’autiste d’y accéder. Mais si nous acceptons pour eux le principe du travail, intervient aussi celui des loisirs, des temps de non-travail, celui des décisions personnelles. Ce que nous devons proposer c’est un travail qui dans sa forme et ses variétés fait office de système symbolique élémentaire, car la vie humaine est originellement fondée sur l’existence d’ordre symbolique.       

                    

                    

SITUATION ADMINISTRATIVE :

 

                     L'ESAT/Foyers La Pradelle accueille dés l'âge de 16 ans, des personnes souffrant d'un syndrome autistique. Ces personnes doivent bénéficier d'une orientation COTOREP, et être admis à l'Aide Sociale Etat pour l'ESAT., et l'Aide Sociale Départementale pour les foyers.

                     Les personnes accueillies dans l'établissement perçoivent l'allocation adulte handicapé suivant leurs ressources, et le taux d'invalidité évalué par l'équipe technique de la deuxième section de la COTOREP du Gard.

                     Toute personne nouvellement admise dans l'établissement effectue une période d'essai de 6 mois minimum.

                     Il y a aujourd'hui 45 places à l'ESAT. ; 31 places au foyer d'hébergement ; et 24 places au foyer d’accueil médicalisé.

                    

 

SITUATION GEOGRAPHIQUE :

 

                     Les établissements LA PRADELLE sont organisés et disposés de façon déconcentrée entre les communes de Saumane, St Jean du Gard, Alès et Vauvert. Cette dissémination voulue permet d’offrir aux personnes accueillies une diversité de lieux de travail et d’activités ainsi que d’hébergements qui vont de la petite communauté de 8 au logement individuel.

                      

 

L'ETABLISSEMENT ET SERVICES D’AIDE PAR LE TRAVAIL :

 

a) L'Etablissement et Services d'Aide par le Travail reste le point d'ancrage initial du projet institutionnel. L’accès à des activités de travail rémunérées garantissant le statut d'adulte reste essentiel. Nous avons choisi, pour soutenir ce principe, des activités artisanales qui favorisent l'apprentissage, la communication, le partage ; et où chacun des intervenants peut y inscrire la marque de sa trace, quel que soit son degré de handicap. Aussi des petits groupes de travail sont constitués et animés par un moniteur d'atelier.

 

 

 

Les principales activités sont :

l'auberge et les chambres d'hôtes accueillent des clients extérieurs, et  ont obtenu l'agrément des gîtes ruraux de France

 

La gestion d’une épicerie/boulangerie du village de l'Estréchure

 

Un atelier charcuterie, transforme des produits carnés, et produit toute une gamme de salaisons et de plats cuisinés

 

 Un atelier agricole pratique l'arboriculture, la culture des fruits rouges, l'élevage d'animaux de basse cour, et d'agneaux de boucherie. Une de ces équipes assure en période hivernale les travaux de maçonnerie, et la livraison de bois de chauffage.     

 

Une équipe assure la production et la gestion  des repas au self/restaurant d’entreprise de France Télécom, à Alès, le midi, du lundi au vendredi.

 

 

                    

         b)         Les équipes :

 

                     Chaque équipe conserve une autonomie de fonctionnement. Le moniteur d'atelier garantit et élabore avec les ouvriers du C. A. T. le travail à faire. Pour assurer le suivi du travail, chacun d'entre eux dans l'emploi du temps est invité à travailler le week-end et jours fériés. En compensation ils bénéficient de jours de repos en semaine.

                     Au début de la prise en charge, chaque ouvrier de l'ESAT effectue un stage au sein de chaque équipe. Son affectation est décidée avec lui, en réunion, suivant ses capacités du moment, l'engagement du moniteur, ou sa sensibilité à côtoyer d'autres résidents. Cette affectation n'est jamais définitive, et peut changer suivant l’évolution de son projet, les besoins momentanés des autres équipes. Chaque fois le changement, quand il a lieu, est l'objet d'un projet, d'une négociation. Si d'aventure un ouvrier en ESAT devient très compétent dans une activité, cette compétence sera mise à l'épreuve dans un autre secteur d'activités. Car il n'est pas inscrit dans le projet de l'ESAT La Pradelle de former des ouvriers spécialisés, mais de valoriser le sujet dans sa vie et dans ses décisions personnelles. L'objectif  étant à terme d'amoindrir sa dépendance au moniteur, et de valoriser sa place au travail.

 

 

         c)         Les objectifs :

 

                      Les  ESAT ont pour mission d'insérer dans le monde ordinaire du travail leurs ressortissants, mais il est illusoire de penser que le sujet autiste  puisse  y accéder. Néanmoins, cet objectif, ce jalon, l’établissement le prend à son compte pour soutenir sa démarche. Pour ce faire, les lois communes du travail sont rigoureusement respectées en matière d’organisation, d'hygiène ou de sécurité. Par ailleurs un programme de formation adapté est élaboré pour un certain nombre d'ouvriers qui en ont les capacités, soit dans le cadre d'une activité de soutien (ex. : alphabétisation), soit dans le cadre d'un projet de formation élaboré avec des intervenants extérieurs.  

                     Il semble peu raisonnable de proposer un vrai travail, avec des techniques élaborées, l’apprentissage d’un savoir-faire sans que cette démarche soit soutenue par le souci de formation ou de maintien de l’acquis.       

                     Le choix des activités de l'ESAT inscrit de fait l'institution sur le marché concurrentiel. Cela n'est pas toujours bien perçu par les autres artisans ou commerçants, mais offre le mérite d'inscrire toutes les activités de l'ESAT dans une réalité qui limite les faux-semblants et régule efficacement, parfois cruellement, les dysfonctionnements propres à une institution accueillant des handicapés mentaux. Elle offre aussi aux sujets accueillis, ainsi qu'aux moniteurs, des interlocuteurs que sont les clients de nos prestations, et qui valorisent au-delà de la relation marchande, le travail accompli. . Ils peuvent être reconnus alors comme des ouvriers d'auberge, des ouvriers de boulangerie, des ouvriers de charcuterie. Un statut certes protégé, mais qui soutient leur projet d'existence ; car une fois qu'ils sont inscrits dans une place au travail, ils peuvent s'inscrire pendant leurs temps de repos, dans une vie plus personnelle, faite de loisirs et de découvertes dans un environnement perçu comme moins hostile

 

d)   Organisation pratique :

 

L'ESAT La Pradelle, à la périphérie de deux villages, Saumane et l’Estréchure, est installé sur une ancienne propriété agricole.

 

Le bâtiment central, une belle demeure cévenole, abrite un « Restaurant à la Ferme » doté de deux salles et, à l’étage, cinq chambres d’hôtes, labellisées Gîtes Ruraux.

A proximité, les annexes ont été réhabilitées en Gîtes et plus loin, sont aménagés les ateliers de production.

 

Les secteurs d’activités retenus : agricole, artisanal, touristique, offrent à chacun les possibilités de développer ses compétences propres et de prendre une vraie place dans le travail.

 

Chaque atelier professionnel, animé par un moniteur technique, accueille 4 à 5 ouvriers. Il est en lien avec les autres ateliers par un système de commande à production vers l’échange marchand  - ESAT  à Clients extérieurs.

 

L’expression de chacun prend sens, autour des activités menées par une logique d’étapes, de processus de fabrication ou de transformation, par un rapport entre le moniteur technique et son équipe et l’introduction du lien.

 

Dès 6 heures :

 

         La première équipe de travail arrive ; ce sont 4 ouvriers cuisiniers et leur moniteur, qui ont la charge de confectionner les repas du Restaurant d’Entreprise de France Télécom d’Alès, de la Maternelle de St Jean du Gard, de l’ensemble des travailleurs de l'ESAT et du personnel, soit environ 150 – 180 repas par jour.

 

A 9 heures :

 

         Le transport en commun arrive, avec les ouvriers de St Jean du Gard et les autres, par minibus.

         Chacun se dirige vers son atelier, après le bonjour du matin, d’un pas affiné pour les uns, plus alangui pour les autres.

 

 

 

 

Les ateliers agricoles, en conversion biologique depuis 2001, se déclinent autour de 3 pôles :

 

-                 l’élevage de volailles, de porcs fermiers

-                 l’arboriculture, le bois de chauffe et les petits fruits et le maraîchage

-                 l’entretien des locaux et espaces verts sur site, travaux extérieurs

 

L’atelier charcuterie, avec sa production artisanale de jambon, saucisson, foie gras, plats cuisinés et conserverie et l’atelier pâtisserie – confiserie, gâteaux, nougats, chocolats etc… sont deux lieux de travail reconnus, tant à l’intérieur de l’établissement, qu’à l’extérieur, produits primés plusieurs fois au concours régional ‘Gard Gourmand’.

 

Ce travail requiert hygiène et technicité pour faire face à la complexité dans les gestes à accomplir.

 

Fierté de réussir, revalorisation et reconnaissance de l’autre, ambassadeurs aussi quand certains vont dans des prestations à l’extérieur : buffet, mariage…

 

9 heures, c’est aussi l’arrivée de la deuxième équipe de cuisine, elle responsable de la partie « Auberge » fonctionnant le midi, le soir, et les week-ends pendant la saison touristique.

 

Préparation des repas plus élaborés, pour une clientèle locale ou citadine, toutes les étapes nécessaires, le service, le nettoyage et le rangement, la gestion des sorties, des chambres et des gîtes demandent à la fois des savoir-faire pertinents et une certaine polyvalence.

 

L’Auberge, c’est le lieu d’échanges conviviaux, en contact avec la réalité économique et sociale, où rigueur, imprévu et anticipation sont de mise.

 

L’unique Epicerie du village voisin est également tenue par l'ESAT Lieu marchand par essence, plus au service d’une population locale, elle maintient une activité économique vivante, tout en permettant la vente des différentes productions.

 

Depuis plus de 5 ans, l'ESAT est partenaire de France Télécom et tient à Alès son restaurant d’entreprise.

 

L'ESAT est une structure en perpétuelle évolution. Sa dynamique se nourrit de 15 ans de pratique, d’interrogation, de recherche, de partage et d’expériences communes.

 

Aujourd’hui encore, les travailleurs handicapés accueillis ont besoin de ce travail en secteur protégé, car ce n’est pas pour la plupart, l’intégration dans le monde du travail ordinaire qui est visée mais bien leur place au travail comme pivot de leur projet d’existence.

Ils s’inquiètent de leurs conditions de travail, sont de plus en plus sensibles à la valeur de leur salaire.

 

Cette expérience démontre que la reconnaissance de leur savoir-faire, de leur « professionnalité » souvent sujette de discussion au sein de l’institution, les inscrit dans une réalité personnelle d’abord et socio-économique ensuite par les habitants de la région et les partenaires économiques.

 

Certaines activités locales ou régionales se voient ainsi vivifiées par l’essor  de l'ESAT

 

 

 

 

 

 

L'HEBERGEMENT DES TRAVAILLEURS HANDICAPES :

 

L’ouverture du CAT a nécessité de réfléchir au mode d’hébergement de nos ouvriers. Le choix s’est porté sur la mise en place de différentes structures de type familiales installées dans les villages environnants.

Afin de mieux cerner le fonctionnement de notre structure, il est important d’en connaître les modalités matérielles, organisationnelles ainsi que les objectifs éducatifs auxquels nous aspirons.

 

 

Les lieux d’hébergement sont au nombre de quatre, plus un réseau d’appartements. Ces maisons :

                  la Clédette ( 5 résidents ) à Saumane

                  le Rhôde ( 8 résidents ) à St Jean du Gard

                  les Eglantiers ( 8 résidents ) à Cardet

                  la Villa du Roc ( 6 résidents) à Vauvert

                  les Appartements (5 résidents) à St Jean du Gard + (5 résidents en studio)

                                

Elles sont géographiquement éloignées les unes des autres. Elles sont implantées au cœur des villages.

Chaque lieu possède son entité et son fonctionnement propre s’inscrivant dans le projet institutionnel : le projet d’existence de la personne.

 

 

Cinq à huit personnes, hommes et femmes peuvent cohabiter au sein de ces maisons de caractère, chaleureuses et adaptées à la prise en charge d’adultes en difficultés.

Chaque personne possède sa chambre, lui garantissant un lieu intime qu’il pourra investir à son gré.

Les pièces communes, conviviales, permettront aux uns et aux autres de se retrouver, de partager des moments, d’échanger et de se détendre.

On pourra noter l’importance de l’extérieur et l’investissement du jardin.

 

Pour les accompagner dans les tâches de la vie quotidienne, les équipes éducatives mixtes sont composées chacune de quatre éducateurs fonctionnant par roulement ainsi qu’une maîtresse de maison assurant une aide matérielle.

Le planning en vigueur assure un accompagnement pour les levers, les soirées ainsi que les nuits (hormis les appartements) garantissant la permanence des repères qui structurent le quotidien.

 

Le foyer est pour longtemps le domicile à partir duquel va s’organiser la vie affective, culturelle, sociale et citoyenne des personnes. Il nous importe donc d’instaurer un cadre contenant, bien repéré, qui permettra de réguler l’instabilité ou l’anxiété en  sécurisant la personne.

 

Le rôle de l’éducateur est primordial. Du travail autour de la notion de respect mutuel et de confiance réciproque découlera une sérénité au sein des lieux de vie.

La vie de tous les jours s’organise autour de la gestion des tâches quotidiennes. Après la journée de travail au CAT, les ouvriers rentrent chez eux avec un transport mis en place en collaboration avec une société locale. Les éducateurs se retrouvent au lieu de rendez vous avec le véhicule du foyer (véhicule 9 places) et accueillent les pensionnaires.

La soirée commence alors, ponctuée de tâches ménagères, d’accompagnement à la toilette, la confection des repas ou bien la vaisselle. Un roulement s’opère afin que tous soient concernés par la vie de la maison. Le repas est pris en commun.

Des accompagnements spécifiques, peuvent avoir lieu comme le dentiste, le médecin ou des courses personnelles (vêture, mobilier, loisirs,…).

Il s’agit bel et bien, au travers de ces tâches inhérentes à la vie collective, de : « faire ensemble » et non pas : « faire à la place de ». L’éducateur pourra mesurer le degré d’autonomie de la personne, s’adapter à ses rythmes propres, valoriser sa participation, limiter le repli sur soi dans un souci de construction et de conduite du projet de vie personnel de la personne.

 

En fonction de leur emploi du temps, les éducateurs, en soirée ou sur des temps de repos peuvent organiser et mettre en place des activités de loisirs (piscine, tir à l’arc, art pictural,…) en fonction des centres d’intérêts repérés ou des demandes faites par les résidents.

Ce soutien à l’expression positionne davantage la personne en tant que sujet.

 

L’extérieur peut être, pour certains source d’angoisse : la foule, le bruit, le regard des autres… Toutefois, de manière pondérée, il nous parait important qu’ils s’inscrivent dans le tissu social des villages.

C’est pourquoi, nous profitons et nous nous inscrivons dans les activités proposées (carnaval, danse, gymnastique,…) et\ou des lieux d’accès à la culture (médiathèque, ludothèque,…).

Nous voulons cette démarche progressive  dans le respect du désir du pensionnaire et non pas coûte que coûte qui pourrait s’avérer violent, effrayant à vivre.

 

 

Comme tout salarié, les ouvriers du CAT ont des revenus. Chaque mois ils disposent d’une somme qui leur permettra de faire des achats tels que des magazines, friandises ou bien des vêtements voire même du mobilier.

L’éducateur référent aura le rôle de guider la personne dans ses achats et de lui faire prendre conscience de la valeur des choses (aide à la gestion) ; le choix de l’adulte étant au maximum respecté.

 

Il est de même pour les congés. Chaque lieu d’habitat part en vacances à tour de rôle garantissant le bon fonctionnement des ateliers du CAT :

 

              Rappelons que les ateliers du CAT fonctionnent toute l’année.

 

Les congés sont organisés en partie par les équipes éducatives, en partie par un organisme extérieur s’inscrivant dans les valeurs qui sont les nôtres et proposant à échelle familiale des séjours choisis par les pensionnaires.

 

 

Pour débattre des congés, des activités ou de la vie sur le foyer, une réunion de parole a lieu chaque semaine, elle concerne chaque personne de chaque lieu, les équipes éducatives respectives, le chef de service, la psychologue et le médecin psychiatre.

C’est une instance de régulation, tous les sujets peuvent y être abordés (actualité, vie du foyer, santé de la personne…). Elle revêt un caractère obligatoire mais pour certains le choix de ne pas parler est respecté.

 

Chaque semaine, pendant 1h30mn, l’équipe pluridisciplinaire se retrouve en réunion où de nombreux sujets seront évoqués (accompagnements spécifiques, organisation de la semaine…).

 

Les appartements s’inscrivent complètement dans l’organisation précédemment développée. Toutefois ils se distinguent en plusieurs points :

 

-     les nuits à partir de 22 h et la gestion du petit déjeuner ne sont pas assurées par les éducateurs ;

 

-     la mise en situation d’autonomie et la responsabilisation y sont plus importantes (certains ont un studio seul) ;

 

-     il n’y a pas de maîtresse de maison et l’entretien de leur intérieur leur incombe.

 

 

 

Le lien avec la famille (mémoire vivante de l’histoire de la personne) est très important. Une rencontre formelle s’opère régulièrement afin de faire le point sur le projet de la personne.

 

Des week-ends ou congés en famille peuvent être organisés avec l’accord de tous. Un calendrier des sorties voire un contrat pourra être élaboré dans le souci d’une bonne entente et d’un lien constructif pour le résident.

Un cahier de liaison parents – équipe éducative existe et sert à noter évènement ou question concernant leur enfant.

 

 

 

 

LE FOYER D’ACCUEIL MEDICALISE :

 

Le foyer d’accueil médicalisé (FAM) la Pradelle existe depuis le 1er septembre 2004. Cet établissement a pris le relais d’un foyer occupationnel qui avait ouvert en novembre 1987. La structure accueille 24 personnes adultes, femmes et hommes, y sont accueillies, elles souffrent d’un syndrome autistique sévère. La moyenne d’âge est de 28 ans.

 

Le projet d’accueil du FAM la Pradelle s’appuie sur 6 principes piliers :

 

-                                                     l’inscription dans des activités dites de travail

-                                                     l’accueil dans les espaces musicothérapie et psychomotricité

-                                                     Habiter de petites unités de vie

-                                                     le suivi des soins

-                                                     participer à des réunions de parole ou d’expression (cf. article ci-joint) 

-                                                     l’ouverture aux activités de loisirs : sportives, culturelles et artistiques.

 

L’implantation est provisoirement sur la commune de Saumane, avec le projet dans un court avenir (une année environ), d'emménager sur St Jean du Gard (2 lieux d’habitat et un espace d'atelier).

 

La géographie actuelle est aussi provisoire : 3 foyers accueillent chacun 8 personnes. Le projet définitif comprendra 4 lieux d’hébergement : 2 foyers de 6 personnes, 1 foyer de 7 personnes et 1 foyer de 5 personnes.

 

 

a) Les activités dites de travail :

 

Le projet est de permettre à des personnes en grandes difficultés d’être associées à de petites productions. Quatre jours par semaine l’équipe (l'encadrant  et 4 résidents) se retrouve  autour d’un travail à réaliser. Cette rencontre à partir du support de l’activité permet de créer du lien, des échanges, elle amène la personne autiste et l’accompagnant à être dans la communication et en relation avec l’autre au travers d'un média. Cette production, en s’inscrivant dans une organisation sociale, donne du sens et ramène à une réalité commune.

 

L’atelier est aussi un espace d’apprentissage, de découverte et d’observation. Il renvoie à des règles (tenue de travail, hygiène, horaires, respect du lieu …) qui ont pour effet d’être structurant et repérant.

 

6 ateliers fonctionnent actuellement :

 

L’atelier confiture : cette équipe transforme une partie des fruits produits par le CAT en confitures, pâtes de fruit et chutneys. Cette production est associée aux saisons : fruits rouges et fleurs au printemps et en été ; pommes et poires en automne ; châtaigne et agrumes l’hiver ; ces derniers fruits viennent d’autres réseaux. La production est écoulée à l’auberge pour les petits déjeuners, dans les boutiques du CAT et dans les différents foyers de la Pradelle. Les diverses tâches réalisées sont : cueillette, préparation des fruits, pesage, préparation des pots, cuisson, mise en pot, nettoyage, étiquetage, décoration, mise en carton et livraison. La diversité de toutes les étapes de production permet à chacun d’être inscrit et impliqué dans celles-ci.

 

L’atelier boulangerie : Cette équipe fabrique du pain cuit au feu de bois pour l’ensemble des foyers de la Pradelle et parfois pour d’autres clients. Les différentes tâches à réaliser sont : la chauffe du four, remplissage des caisses de bois, alimentation du foyer régulièrement, préparer, bouler et façonner la pâte, enfourner, cuire et défourner. Dans l’organisation d’une journée, chaque membre de l’équipe a la responsabilité d’une ou plusieurs tâches, avec aussi des moments d’apprentissage et de découverte. A la fin de la journée le résident ramène le pain dans son foyer, c’est un moment valorisant ou le résultat du travail va être reconnu et apprécié.     

 

 

L’atelier des "quatre saisons" : L'équipe a une double mission : ils réalisent des transformations (compotes, sirop, crème de marron, fruits au sirop …) et cultivent un petit jardin en plantes aromatiques, fleurs, cucurbitacées …   qu’ils donnent à l’auberge et sur les foyers. Cette activité offre le double intérêt de travailler dehors et  dedans. Elle inscrit cette équipe dans la dimension d’échanges : recevoir les produits d’autres ateliers pour les transformer et pouvoir ensuite donner cette fabrication. Le jardinage fait découvrir toutes les étapes, du semis à la récolte avec tous les gestes à réaliser pour arriver à cette finalité : arrosage, désherbage, cueillette ….

 

L’atelier élevage : L'équipe prend en charge le soin d’un petit troupeau de brebis, avec le nourrissage, les soins si besoin, la garde … L’animal peut venir, dans le soin et l’attention qu’on lui apporte, restaurer des images carencées chez le sujet autiste. La période des naissances et de l'allaitement est un moment fort de cette activité, ou une attention plus vigilante est portée au troupeau (nourrissage au biberon parfois).  Cette activité inscrit chaque ouvrier dans une temporalité : le temps des naissances, la garde, la transhumance. Tous ces moments donnent des repères sur l’année, et se répètent d’année en année.

 

 

L’atelier entretien et ferronnerie : l’activité s’organise autour de l’entretien des espaces verts, des réparations et des aménagements sur les différents foyers. L’équipe répond aussi à des commandes de ferronnerie (portail, grille, soudure …). Nous avons pu observer que les notions de réparer, d’embellir, de nettoyer ont des effets structurants pour la personne autiste.

 

 

L’atelier bois : cet atelier est le dernier créé. Il est donc dans une phase de développement. L’équipe a pour mission d’approvisionner en bois l’atelier boulangerie, fabrique du papier recyclé, et vient, pour certains travaux, en soutien à d’autres ateliers. Le projet devrait s’étoffer autour de la réalisation d’objets en bois (bâton de berger, boite…) ainsi que l’apprentissage de la vannerie. L’activité est assez variée, elle offre à des personnes en grande difficulté un espace qui les aide à se poser.

 

b) Habiter de petites unités de vie :

 

Le projet institutionnel met en avant l’importance d’offrir à la personne accueillie d’habiter un lieu qui sera son «chez lui », avec des espaces collectifs (salle à manger, cuisine, salon, salle de bain) et individuels (la chambre). Cet habitat, pour qu’il soit habité, doit être investi par chacun. Il pourra ainsi constituer une identité. L’organisation  propose à chaque lieu de fonctionner de façon autonome pour : l’élaboration des menus, les courses, la préparations des repas, l’entretien du linge et des locaux avec l’aide d’une maîtresse de maison. Les accompagnants (l’équipe éducative et soignante) vont soutenir auprès des résidents ce projet et permettre à chacun d’y prendre part en fonction de ses difficultés pour occuper une place de sujet.

 

Ce fonctionnement est possible, du fait de petit groupe, où il sera question d’échanges, de partages et de solidarité. Nous utilisons l’expression de « maisonnée » pour définir ce concept d'habitat.

Il nous semble important d’aider et de soutenir que ce cadre de vie soit respecté .On ne peut pas pénétrer dans la chambre d’un autre si on n’y est pas invité. Cette règle garantie à chacun l'accès à un espace privé. Un travail d’accompagnement important permet au résident de s’approprier ce lieu en le respectant, en  l’aménageant et en  le décorant, pour le personnaliser.     

 

Quelques règles élémentaires de vie sont posées sur chaque lieu : chacun attend pour commencer à manger que tout le monde soit servi ; on ne quitte pas la table pendant le repas ; le coucher est prévu vers 21h au plus tôt ; pendant les jours de repos les levés s’échelonnent jusqu’à 10h /10h30 au plus tard… toutes ces règles ramènent la personne autiste à une organisation sociale et l’aident à s’ouvrir au monde.

 

Chaque membre de l’équipe a en référence une ou deux personnes accueillies. Sa mission est d’être garant du projet individuel de son référé, d’en avoir le souci et de pouvoir interpeller ses collègues sur des questionnements, des projets, des observations concernant ce dernier.

 

c) Un suivi des soins

 

Sur chaque lieu d’hébergement des personnels soignants sont membres de l’équipe (infirmière, AMP). Ils garantissent un suivi des soins, le lien avec les médecins : psychiatre, généralistes, spécialistes. Ils  organisent les rendez-vous, sont responsables de la distribution des traitements et du dossier médical de chaque résident. Ils informent, par le biais du cahier de liaison médical, les familles de tous les soins dont a bénéficié la personne accueillie. Ces personnels ne sont pas limités, dans leurs interventions au domaine du soin, ils interviennent aussi dans le champ éducatif. Ils sont intégrés dans des équipes pluridisciplinaires comprenant des éducateurs spécialisés, des moniteurs éducateurs, des animateurs. Cette pluridisciplinarité permet d’élargir les compétences, d’affiner l’observation, d’enrichir la réflexion pour offrir un accompagnement plus pertinent. La permanence du soin, à des personnes souvent mutiques et en grande difficulté pour exprimer ou localiser une souffrance somatique, garantit un bon suivi de santé. Ce principe a des effets sécurisants pour la personne accueillie. Le moment de la toilette est aussi un temps de soins, un accompagnement important y est consacré. Il nous semble important d’aider la personne autiste à prendre soin de son corps, être propre, se raser, se parfumer, se mettre de la crème, se maquiller, toutes ces attentions vont aider la personne autiste à restaurer son image et en retour pourra être regardée autrement.

 

 

d) Accueil dans des espaces de soins musicothérapie et psychomotricité

 

La musicothérapie est un moyen de communication et d’expression, utilisant comme support les instruments et la voix. L’instrument devient un intermédiaire et aussi, en quelque sorte le prolongement du corps. Les séances tentent d’apporter aux pensionnaires une joie de créer, un plaisir de jouer mais aussi une participation physique et corporelle, une écoute de l’autre par l’écoute de soi même et une communication. La séance est basée sur une série de jeux musicaux. Ce sont ces jeux qui vont favoriser le dialogue et l’échange. Pendant les séances des instruments à percussion sont utilisés (triangle, cloches, maracas, tambourin, djembé, lames sonores individuelles, timbale, carillon, xylophones ….) ainsi que du matériel hifi. Le temps de rencontre est de 45 minutes environ, soit en individuel, soit en groupe (3 personnes), dans une approche active ou réceptive en fonction du projet de chacun. 16 personnes bénéficient actuellement de cette prise en charge. (GUILLAUD Hélène)

 

 

La psychomotricité : cet atelier vise à restaurer ou à dynamiser les capacités d’évolution du sujet par la médiation corporelle. C’est à travers la rencontre de deux psychomotricités, celle de la personne autiste et celle de la psychomotricienne, qu’il va être possible de donner du sens à des symptômes psychomoteurs, permettre des expériences corporelles suffisamment bonnes pour modifier l’image qu’à le patient de son corps, ainsi d’instaurer ou restaurer l’identité du sujet. Chaque projet est adapté aux difficultés de chacun soit le corps est mis en jeu directement avec le support d’objet et de matériels (ballons, cerceaux, barres, rubans, quilles …) ou par la relaxation, soit l’approche corporelle est décalée et médiatisée par une création qui pourra être un prolongement du corps (atelier marionnettes,  peintures, dessins …).  12 personnes sont accueillies actuellement sur cet espace en individuel ou en groupe, sur une durée de 45 minutes.  (PUECH Catherine)

 

 

 

 

e) Ouverture vers des activités de loisirs : sportives, culturelles et artistiques.

 

Les mercredis, les soirées, les week-ends et les périodes de congés sont des temps où sont proposées des activités de loisirs. Certains projets sont animés par les éducateurs : le conte, la musique, les activités manuelles, le vélo,  … Pour d’autres activités l’établissement fait appel à des spécialistes en utilisant un  réseau de partenaires associatifs ou privés : l’équitation, l’école du cirque, la ludothèque, activités de pleine nature, centres de vacances.

 

Durant la semaine chaque résident est inscrit dans une ou deux activités. Le lundi soir un groupe de 7 personnes se rend à Alès à l’école du cirque. Elles sont accueillies par une intervenante qui anime l’atelier. Il leur est proposé des activités en lien avec le cirque, (jonglage, équilibre, acrobatie). Ce groupe participe à cet atelier depuis 4 ans. L’évolution observée est le passage d’une activité de psychomotricité dans les premières années à la pratique des arts du cirque. Une complicité existe dans le groupe, avec des échanges, de l’aide et de la solidarité. Même si cette activité demande de la part de chacun beaucoup d’efforts, de concentration, tout le monde y retourne avec grand plaisir.

 

Les mercredis : 5 activités se déroulent simultanément le mercredi après-midi,

 

- la randonnée pédestre animée par un accompagnateur moyenne montagne. Le projet est de fournir un effort sportif, découvrir de terrains différents, sensibiliser à la flore et la faune, amener une note ludique (randonnée contée, jeux). Un groupe de 7 résidents participe à cette activité.

 

- La ludothèque à St Jean du Gard accueille un groupe de 4 personnes. Elle propose une activité autour du jeu : jouer seul ou à plusieurs, jeu d’adresse, de parcours. L’animatrice propose aussi un travail des sens, et des activités manuelles : peinture, découpage, collage.

 

- l’activité équitation concerne des personnes qui maîtrisent assez bien cette discipline. Les 4 cavaliers possèdent les gestes pour conduire  leur cheval, ils peuvent faire des randonnées. L’activité s’organise autour des séances en carrière pour approfondir les apprentissages et  autour de balades.

 

- L’atelier "récup/création" : cette activité est animée par des éducateurs de l’établissement. Elle concerne 3 personnes. Le projet est de réaliser des œuvres à partir de matériaux récupérés dans la nature ou d’objets ne servant plus. Les réalisations peuvent être collectives ou individuelles

 

- l’activité piscine concerne un groupe de 6 personnes. Elle est animée par un maître nageur qui propose de l’aide pour appréhender cet élément, des apprentissages et des jeux aquatiques.

 

 

 

Le week-end :

 

Les activités du week-end s’organisent essentiellement autour de sorties : à la mer, parfois au cinéma, au restaurant, visite de sites, de musées, manifestations culturelles … Ces projets se réalisent en fonction des saisons, et sont à l’initiative des équipes éducatives. Le temps de week-end c’est aussi le moment de prendre soin de son chez soi, un accompagnement est alors proposé pour l’entretien de sa chambre, le rangement de son armoire…

 

 

Les soirées :

 

Après le repas quand les différentes tâches sont réalisées, des activités sont proposées : le conte, la musique, le chant, parfois la télé, parfois la soirée se clôture par une tisane. Ce temps de réunion avant le coucher de chacun est fondateur d’échanges et de liens.

 

 

Les congés :

 

Chaque personne accueillie prend part aux congés organisés par l’institution.  Ces congés se déroulent soit à partir du foyer avec des activités à la journée, soit en gîte, soit en centre de vacances. Pour l’accompagnement, les équipes sont constituées de personnels titulaires et de remplaçants, cela pour garantir une sécurité. Un travail de préparation permet de programmer un planning d’activités pour proposer au groupe en congés un rendez-vous quotidien qui va fédérer ses projets de vacances. Les activités de pleine nature sont souvent proposées (canoë, spéléologie, randonnée pédestre parfois avec des ânes, escalade), ainsi que d’autres comme la voile, le tir à l’arc, la péniche, la baignade …. La prestation en centre de vacances en pension complète est souvent très appréciée.

 

 

 

Toutes ces activités, qu'elles soient un rendez-vous hebdomadaire ou plus ponctuel, offrent à chacun des ouvertures qui sont sources de découvertes, d’expériences. Elles sont riches d’enseignements et amènent la personne autiste à faire des conquêtes où il sera question de plaisir et de joie. 

 

 

En conclusion 

 

Les différents axes sur lesquels s’appuie le projet d’accueil du foyer médicalisé, s’inscrivent dans le temps et sur la durée. Ils permettent à la personne autiste qui est accueillie une garantie quant à son projet d’existence. Ce projet demande aux accompagnants d’être à l’écoute du résident, d’être attentionné, pour l’aider à s’apaiser, pour établir avec lui une relation de confiance, ce qui parfois prend beaucoup de temps. Les différents espaces où il doit s’inscrire, vont amener la personne autiste petit à petit à occuper une place de sujet, capable de faire des choix, et d'abandonner peu à peu ces positions infantiles qu’il a parfois beaucoup de mal à quitter, se libérer d'une dépendance à l’autre et assumer pour une part son statut d’adulte. Cette conquête ne se réalise pas sans perte, et nécessite souvent un travail sur plusieurs années. Il s'agit de permettre au résident d’évoluer dans un cadre structurant, repérant et sécurisant,  afin qu'il puisse mesurer l’intérêt de cette avancée et  sortir de ce marasme dans lequel il est plongé.         

                    

 

LA PLACE DE LA FAMILLE :

 

a) La question de la séparation

 

L’admission à La Pradelle entraîne fréquemment des réaménagements familiaux importants.

La distance introduite dans le réel (situation d’interne et distance kilométrique), ainsi que la considération du sujet accueilli dans le projet institutionnel, viennent interroger la question de la séparation entre les parents et leur enfant, séparation qui, jusqu’alors, n’a pas vraiment pu s’opérer en raison des effets relationnels liés à la pathologie autistique.

 

Cette séparation physique doit permettre à chacun de se distancier  et de changer peu à peu de mode relationnel pour pouvoir se retrouver autrement, créant un climat plus serein et humanisant, où chacun peut exister séparément.

 

L’équipe technique doit alors être suffisamment disponible pour accompagner les parents afin qu’ils acceptent et comprennent les processus d’individuation qui émergent chez leur enfant, mais aussi entendre leur souffrance face à ces changements.

Il ne s’agit en aucun cas d’un espace thérapeutique, car c’est le sujet accueilli qui reste au centre du dispositif.

 

Du côté du sujet autiste, le manque introduit doit être supportable pour avoir des effets structurants. Les séparations vécues ne doivent pas faire rupture, elles doivent être préalablement posées et parlées afin de laisser place à des espaces intermédiaires où peuvent s’ébaucher peu à peu la construction d’un « moi propre ».

 

C’est  au travers de l’alternance, entre les présences et les absences,  que se forge la notion de permanence de l’objet et de l’environnement et la possibilité de penser cette absence. 

Ce processus progressif de dé/fusion  instauré dans un cadre contenant pour le sujet autiste l’amène à éprouver l’absence de l’autre sans risquer la néantisation.

 

 

 

 

 

 

b) La continuité d’existence

 

Des rencontres régulières sont organisées avec la famille, sur la demande du résident, de la famille ou de l’institution.

 

- D’une part, ces rencontres permettent de maintenir un lien entre les différents partenaires et de réduire les mécanismes de clivage qui peuvent s’opérer pour le résident. Il s’agit par exemple d’échanger sur les évènements familiaux actuels (naissance, deuil…), et d’accompagner le sujet dans ces moments particuliers voire dans certaines cérémonies familiales ayant valeur de rituel et lui permettant de mieux se représenter les situations. C’est aussi une manière d’inscrire le sujet autiste dans la lignée et la filiation.

 

- D’autre part, au cours de ces entretiens sont abordés l’histoire du résident et son parcours antérieur. Ces éléments doivent être fréquemment repris avec la personne accueillie pour l’aider à lier les différentes périodes de sa vie,  réunir les morceaux de son histoire afin qu’il puisse se construire comme un être unifié.

 

Le témoignage des parents permet à l’équipe technique d’avoir à faire avec ce qui est de l’ordre de « la réalité subjective ». Prendre en compte le vécu des parents nous paraît essentiel pour comprendre l’éprouvé de l’enfant.

 

Ces rencontres apportent des éléments susceptibles d’alimenter la réflexion quant à la cristallisation de certaines conduites chez le sujet accueilli et d’analyser les phénomènes transférentiels concernant le déplacement de la problématique familiale au sein de l’institution.

 

 

c) Les relations parents / institution

 

L’adhésion de la famille au projet individualisé est essentielle pour que la personne concernée ne le mette pas en échec et accepte peu à peu de se l’approprier.

 

Il est important que chaque partie puisse entendre les remarques de l’autre et en tienne compte pour éviter l’installation d’une relation conflictuelle, dont la personne autiste serait l’enjeu.

 

Toutefois, les mouvements affectifs liés au placement rendent parfois difficile le  travail de partenariat et nécessitent l’intervention d’un tiers (espace de soin, lieu d’accueil) permettant de trianguler la relation.

 

Chacun, de sa place, participe à la construction du projet de vie personnel du résident. Ainsi, la famille est régulièrement informée des aménagements nouveaux concernant son enfant, de tout changement survenu dans le quotidien  et des projets en cours.

 

Outre les rencontres régulières avec l’équipe technique, les chefs de service assurent chaque semaine des permanences téléphoniques.

 

 

 

LA PROCEDURE D’ADMISSION :

 

 

La procédure d’admission comporte quatre phases bien différenciées qui laissent le temps au candidat de réfléchir réellement aux enjeux qui se posent et de se marquer pour manifester soit son implication en vue d’une admission, ou bien sa difficulté à occuper, pour l’instant, la place qui lui est proposée.

 

En effet, la demande est souvent initiée par les parents ou l’institution qui accueille le jeune adulte et ce n’est que dans un second temps qu’il peut lui-même se positionner en demandeur.

 

Cette procédure d’admission nous apparaît comme une réelle démarche impliquant le jeune candidat ainsi que ses partenaires, dans le sens où elle met en route un travail psychique.

 

Les temps de latence introduits entre chaque phase de l’admission laissent un champ ouvert à l’élaboration et la possibilité pour le sujet de s’approprier peu à peu le projet.

 

a) L’étude du dossier :

 

Pour chaque candidature,  le dossier d’admission doit comporter les éléments cliniques (dossier psychiatrique, synthèses éducatives, anamnèse…) et administratifs (décision COTOREP…) susceptibles de nous renseigner sur l’admissibilité du candidat.

Il s’agit de recueillir les éléments nous permettant de vérifier que  le candidat présente les critères relatifs à l’agrément institutionnel (âge, problématique autistique …).

Une fois constitué, le dossier est instruit par une commission d’admission (comprenant le Directeur, les chefs de service, le Psychiatre et les psychologues) qui étudie la cohérence de la demande et les perspectives d’accueil.

 

b) La première rencontre :

 

Le dossier d’admission ayant été retenu, le candidat et les demandeurs (institution d’origine ou famille) sont invités à rencontrer les membres de la commission afin d’échanger sur la situation actuelle et d’élaborer ensemble les prémices du projet. Les modalités d’accueil sont réfléchies en fonction de l’histoire du candidat et  de la singularité de son parcours.

 

Cette première rencontre permet de déterminer la suite de la procédure et de vérifier s’il est opportun de proposer rapidement un stage ou si, au contraire, s’il est préférable de proposer d’autres entretiens afin que le jeune puisse poser un certain nombre de repères dans cet environnement inconnu.

 

En règle générale, plusieurs rencontres sont nécessaires pour mobiliser les divers protagonistes dans le processus d’admission.

 

c) La visite de l’établissement :

 

Elle vise à aider le candidat à se représenter l’institution et la place qu’il pourrait éventuellement y occuper, à visualiser un certain nombre de situations qui, par un effet de miroir,  peuvent faire sens pour lui.

 

Les effets de cette visite nous apparaissent comme des supports essentiels pour l’équipe d’origine dans le travail auprès du jeune quant à la mise en sens  du « devenir adulte ».

 

 

 

d) Le stage :

 

Après accord des différents partenaires, un accueil temporaire, sous forme de stage est mis en place en vue de permettre au candidat de découvrir le fonctionnement d’une structure pour adultes.

Les modalités du stage (en journée, ou en hébergement…), sa durée et son renouvellement sont pensés en fonction de la problématique du candidat et de son projet personnel.

 

Toutefois, la pratique nous a montré qu’il était plus structurant de proposer une immersion totale sur plusieurs jours plutôt que des accueils séquentiels qui maintiennent le sujet dans un « entre deux » souvent douloureux.

 

Dans tous les cas, une convention de stage est préalablement signée par les différents partenaires. Elle se pose là comme un contrat d’accueil et souligne les engagements de chacun et est adressée pour info à la DDASS.

 

A la fin du ou des stages, un bilan est rédigé et orientera la décision d’admission finale.

 

Le délai d’instruction moyen  des candidatures est de 3 ans. Les établissements LA PRADELLE possèdent un agrément qui leur permet d’accueillir dès l’âge de 16 ans.

 

 

 

LES REUNIONS TECHNIQUES :

 

a) La réunion de parole :

 

            Sur chaque lieu d’habitation, la réunion de parole réunie, chaque semaine, l’ensemble de l’équipe éducative du foyer, les résidents de la maison concernée, le chef de service, le psychiatre et la psychologue.

        

Cette réunion est définie par un cadre technique particulier (horaire, durée, espace) et un certain nombre de règles visant à favoriser l’émergence de la parole et à respecter l’espace de chacun.

 

         Cette réunion n’est pas, en tant que telle, qualifiée de thérapeutique, mais la pratique au quotidien nous montre combien elle peut l’être dans ses effets indirects.

 

         Cette réunion nous plonge dans un bain symbolique, expose chacun d’entre nous au regard de l’autre, et nous soumet aux phénomènes de groupe.

 

         L’analyse de ce cadre et la manière dont chacun y prend place constitue déjà un travail d’une grande richesse (le groupe a-t-il un effet contenant de pare-excitation ou, au contraire, est-il vécu comme persécutif et intrusif, le cadre va-t-il être respecté ou attaqué ?)

 

         Les positionnements de chacun au sein de ce dispositif (passage à l’acte, non respect de l’autre), sont repris, parlés. Chaque intervenant, de par sa fonction, occupe une position particulière et devient le réceptacle  de diverses projections.

 

         La réunion de parole marque la personne autiste, en la nommant, comme sujet séparé et « être de parole ». Dès lors, c’est lui signifier un autre mode d’être au monde en refusant la relation fusionnelle et en instaurant, par le langage, du « manquant », ainsi qu’un code commun et partageable.

 

         Cette réunion permet d’aider la personne autiste à introduire peu à peu quelques changements dans son fonctionnement et dans sa relation à l’autre en lui proposant des alternatives à la violence et à la répétition. Les manifestations gestuelles et sonores sont soulignées et perçues comme un effort de communication, d’autant plus quand le langage verbal fait défaut.

 

         Nous restons vigilants à ne pas déposséder le pensionnaire de son vécu ; à ne pas raconter un événement en se substituant à lui. De plus, l’implication des encadrants comme sujets de la relation avec chacun des résidents est déterminante. Elle garantit que ne puissent s’installer des non-dits, préjudiciables à l’expression et incitateurs de silence.

 

         Les intervenants présents sont en quelque sorte ‘locataires’ de la parole de l’autre dans le sens où ils viennent dire ce que le sujet ne peut mettre en mot. Il s’agit d’être là, davantage pour métaboliser une pensée ou un comportement, et aider le sujet dans ses tentatives de représentation.

 

         La mise en mots permet de signifier à la personne autiste la non transparence psychique et la nécessité d’échanger grâce à d’autres médias.

 

         Au cours de cette réunion sont établis l’organisation de la semaine et les projets de chacun, ce qui lui permet de jouer un rôle essentiel dans le repérage temporel.

 

         C’est aussi un espace de régulation pour l’équipe éducative qui peut venir témoigner de conflits, parler de son vécu et le renvoyer au sujet concerné avec un peu plus de distance grâce à l’étayage groupal.

 

         Les situations vécues peuvent alors être mentalisées sans que chacun soit submergé par la violence liée à la dualité. Ces témoignages permettent de ne pas s’enfermer dans une inter/relation conflictuelle avec le résident, de se désillusionner d’une toute puissance éducative, sans pour autant se sentir en échec, et font écho au sein du groupe.

 

         Les cliniciens accompagnent l’équipe et les résidents dans l’analyse de ce qui se joue dans les modes relationnels et les contre/attitudes éducatives amènent  chacun à réfléchir sur la résonance de la pathologie.

 

         Du côté de l’équipe, ces réunions viennent relancer les mécanismes de pensée souvent paralysés par la répétition autistique.

 

 

         b) Les réunions d’équipes :

 

 Fréquence hebdomadaire – durée 1H30.

              +Régulation ou travail d’élaboration clinique.

Dans chaque lieu d’habitat, l’équipe se réunit en présence du médecin psychiatre, de la psychologue et du chef de service

 

Il s’agit d’inviter chacun des membres de l’équipe à s’interroger individuellement et collectivement sur sa pratique et le lien qu’ils entretiennent avec le projet institutionnel. Les projets individuels y sont élaborés et ajustés en continu

 

Au cours des réunions, il est fait référence par exemple aux enjeux (collectifs, relationnels …) interprofessionnels qui invalident la pratique.

 

Il s’agit donc de tenter d’éclaircir, d’éclairer la cohérence des techniques et des interventions en fonction des objectifs de travail.

 

L’écoute et l’analyse permettent l’élaboration de certaines difficultés rencontrées par les éducateurs au quotidien – afin de préserver la dimension étayante et éthique de leur positionnement.

 

Ce questionnement est sans cesse à relancer car jamais achevé.

 

 

         c) Les réunions de coordination :

 

         Fréquence hebdomadaire – durée 0H45.

 

         Réunion animée par le chef de service et la psychologue ; elle permet à l’équipe d’organiser ses activités, ses projets. On y discute la gestion du budget propre à la maison.

 

 

         d) Les réunions d’atelier :

 

Des réunions d’atelier ont lieu chaque semaine sur le site de La Pradelle, à jours et heures fixes. Elles concernent à tour de rôle chacune des équipes d’ouvriers du CAT ou du F.A.M, en présence du Chef de Service, du moniteur d’atelier  et de la Psychologue. Chaque équipe a sa propre réunion tous les quinze jours

 

Elles concernent l’ensemble des personnes inscrites dans  chaque atelier (ateliers : Auberge, « France Télécom », Pâtisserie, Charcuterie, Elevage, Arboriculture, Boulangerie, Entretien, confitures, « 4 saisons », bois).

 

Ces réunions ont pour visée de permettre à chaque personne de parler et de communiquer autour de son travail dans une tentative d’élaborations spatio-temporelles et techniques des activités qui la concernent :

 

Il s’agit donc d’offrir à chacun un temps de parole repérant et structurant c’est-à-dire donnant un sens à leurs gestes et activités. Cela favorise et participe à la responsabilisation et à l’appropriation singulière d’une place et d’une fonction de travailleur ou de sujet–membre d’une équipe, de son inscription dans le processus symbolique du travail.

 

Ce temps de parole est de plus un échange entre les différentes personnes.

 

Ainsi, le moniteur par exemple fait part de sa perception (sa reconnaissance) d’un travail d’une activité individuelle / collective ou de son ressenti quant à telle ou telle situation en lien, en écho avec le discours, le « dit » du sujet autiste.

 

La position tierce, des chefs de service et psychologues, offre alors une écoute autre des situations et une mise en lumière des difficultés afin de favoriser un réajustement des places et une re-mobilisation de chacun.

 

Ces réunions introduisent donc une pause par rapport à un temps de « faire ». Il s’agit d’être ensemble afin de communiquer (verbalement ou pas) individuellement et collectivement sur des activités de travail ou occupationnelles.

 

 

L’élaboration par l’acte de  parole via un autre,  permet ainsi une distanciation et une appréhension différente de ce qui appartient à la quotidienneté d’une activité.

 

Cela évite de se laisser à une répétition d’actes.

 

En effet, les gestes répétitifs (de travail) pour être structurants et étayants, doivent être surprenants parfois, c’est-à-dire créateurs de potentiels techniques mais surtout psychiques.

 

Afin de favoriser une évolution stabilisante d’un sujet par une activité (un objet) celle-ci ne doit pas prévaloir sur celui-ci. Dans le cas échéant, le sujet s’absenterait pour ne   laisser entrevoir que l’objet sur le devant de la scène. L’activité se viderait alors de sens et d’intérêt – pouvant devenir aliénante.

 

 

e) L’assemblée générale :

 

         Toutes les quatre semaines – durée 2H.

 

         Son principe consiste à réunir l’ensemble des personnels, toutes catégories, afin de maintenir la cohérence institutionnelle à partir du projet d’accueil. A cette occasion sont présentées et débattues les grandes orientations qui engagent l’institution ; les informations structurelles sont communiquées.

  

 

L’ACCES AUX SOINS :

 

         Si le petit homme autiste est une personne qui doit pouvoir accéder à l’éducation, au travail, aux loisirs, il doit pouvoir soigner son corps comme tout un chacun. Cependant, malgré la bonne volonté de certains médecins ou personnels soignants, il arrive encore que des problèmes somatiques sérieux soient mal évalués voir ignorés. En effet, les difficultés de communication et de représentation des autistes s’ajoutant parfois à des troubles du comportement peuvent brouiller le diagnostic. Même si le diagnostic est bien évalué, la mise en place des soins ou des interventions chirurgicales pose souvent un problème.

 

Pour anticiper et diminuer les risques, nous rencontrons régulièrement les professionnels de santé du bassin de vie des résidents, en concertation avec le médecin psychiatre de l’établissement et le médecin du travail. Cette « démarche/échange » sur la problématique autistique, confrontée à l’expérience clinique des professions de santé, devrait garantir  un meilleur suivi des adultes autistes. Un livret de liaison médicale est mis en place pour chaque résident afin que soient annotés tous les soins ou interventions dont il a bénéficié. Cet outil est le témoin objectif de l’histoire médicale du sujet.

 

Par ailleurs, nous envisageons de négocier une convention déterminant l’accueil et le suivi en cas d’hospitalisation  chirurgicale ou pour des examens approfondis avec une clinique ou un hôpital afin de garantir les meilleures conditions d’accueil et de soutien psychologique du patient autiste concerné. Il va de soi, que les familles seront associées à cette démarche soit personnellement ou via le conseil de la vie sociale.

 

 

 Ont participé à la rédaction de ce document :

 Mlles Bertrand Jennifer& Alauzen Delphine : Psychologues

              Madame Blanc Chantal & Mrs Loison Eric, Lemaistre Jérôme : Chefs de service

              M. Bonnin Hervé : Directeur

                                                                          

        

 

 

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